Fairouz

Fairuz (فيروز), née le 20 novembre 1934 dans un village de la montagne libanaise sous le nom de Nouhad Haddad (نهاد حداد), est la plus grande chanteuse libanaise connue jusqu'à présent. Son nom de scène, Fairuz (également orthographié Fairouz ou Fayrouz), signifie turquoise en arabe.

Fairuz n'acquit sa célébrité et son aura que lorsque les frères Rahbani commencèrent à composer pour elle au début des années 1950. Ces années-là furent très fertiles et Fairuz s'essaya à tous les genres musicaux sans exception, et, ayant un penchant pour la modernité et la musique occidentale, les frères rahbani vont exceller aussi bien dans des compositions symphoniques que dans des tangos et autres danses latines. Ceci ne fut pas du goût de tous les auditeurs et critiques de l'époque habitués aux longs chants égyptiens aux mélodies languissantes et aux orchestrations aussi naïves que traditionnelles. Mais le style des Rahbani s’impose petit à petit, et c’est en 1957 que le comité du festival international de Baalbeck, qui fêtait son premier anniversaire, demanda aux Rahbani de préparer une « soirée libanaise »[1]., qui ferait découvrir au public du festival ( composés surtout d’étrangers et de libanais intellectuellement occidentalisés, le festival se contentant jusque là de présenter des spectacles de musique et de danses classiques et des tragédies grecques), les musiques et danses traditionnelles du Liban. Le programme fut à la hauteur des espérances et le public revint aussi nombreux en 1959 pour applaudir le ballet Rambert que pour applaudir Fairuz encore une fois invitée pour faire la vedette des soirées libanaises (sachant que le festival s’était interrompu en 1958 à cause de troubles communautaires). Cependant il ne faudrait pas croire que les Rahbani présentaient ce qui est communément appelé le Folklore : leurs compositions étaient bel et bien personnelles, et quant il y avait des chants folkloriques dont les compositeurs étaient inconnus les Rahbani prenaient bien soin de leur donner un nouveau souffle de vie en les présentant dans des orchestrations symphoniques somptueuses ou sur des rythmes latins...la suite

Du Piccadilly au Carnegie Hall

Jusqu’en 1966, Fairuz n’était encore jamais montée sur scène à Beyrouth , mis à part un passage furtif en 1962 au théâtre du Capitole où elle présenta un programme de variétés et une opérette de 20 minutes glorifiant l’armée libanaise qui avait récemment fait face à une tentative de coup d’Etat. En 1967, en plein cœur du quartier le plus intellectuel et cosmopolite de Beyrouth, à Hamra, un théâtre venait d’ouvrir ses portes : le théâtre Piccadilly. Fairuz et les Rahbani y furent invités et présentèrent leur dernière production : Hala wel Malik ( Le Roi et Hala), une comédie musicale de « masques et bergamasques », où les passages récitatifs sont presque inexistant , un nouveau tour de force : Hala, jeune fille sans défense, est reniée par son père, un ivrogne qui avec la cour du Roi veulent faire croire à ce dernier que Hala est fille de roi et qu’elle lui est envoyée comme épouse. Le succès est fulgurant et la pièce est reprise en été au festival des Cèdres et en automne à la foire internationale de Damas.

En 1967, sort aussi la deuxième production cinématographique des Frères Rahbani, Safar barlik (L’exil) qui relate une période de l’histoire du Liban , l’occupation ottomane et la résistance qui s’exacerba en 1914 lorsque le sultanat prit des mesures drastiques contre la population libanaise. Ce film fut suivi d’un autre en 1968, qui fut le dernier, Bint el hariss (la fille du garde), qui, dans un tout autre registre que l’Exil, traite des délicates questions du chômage et de l’adultère dans le cadre d’un petit village où rien ne peut rester secret. Cette année là Fairuz ne monta pas sur les planches au Liban, et ce fut en Syrie qu’elle donna avec les Frères Rahbani la première de Ash-shakhs (Son Excellence) qui est le premier volet d’une trilogie satirique (avec Yaish Yaish et Sahh Ennom en 1970) de la bureaucratie et la politique des régimes arabes de l’époque. Ashakhs est l’histoire d’une vendeuse ambulante de tomates qui se trouve avec sa charrette au beau milieu d’une réception donnée en l’honneur d’un hôte de marque, soupçonnée d’espionnage elle se retrouve au tribunal au banc des accusés. En 1969 la pièce fut jouée pendant près de trois mois au théâtre Piccadilly, et pour l’été de la même année les Frères Rahbani composèrent une comédie musicale épique pour le festival de Baalbeck, Jibal As-sawan (Les montagnes de Silex), prônant la résistance à l’oppresseur et dont le moment fort reste bien entendu le tableau final ou Fairuz dans le rôle de Gherbeh, meurt en martyre..la suite

Source wikipedia

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